Le monde du travail est souvent considéré comme un monde sans pitié, où seule la concurrence règne, et où les faibles n’ont pas leur place. Ainsi, certaines personnes sont de facto, destinées à être au ban de la société et à rester pour toujours des mis à part, des exclus, des parias. Ces individus, ce sont les handicapés. En effet, on pense souvent, et à tort, qu’être handicapé est une fatalité, et qu’étant handicapé, les portes du monde professionnel nous sont fermées pour toujours. Pourtant, tel n’est pas le cas, le statut d’handicapé procurant même certains avantages dans le monde du travail.
Etre handicapé
La notion d’handicapé
La notion d’handicapé revêt une importance particulière, notamment en matière d’emploi, tant les handicaps sont divers et peuvent passer d’une allergie bénigne à une perte totale de ses capacités motrices. Toutefois, il sera officiellement retenu qu’un travailleur handicapé est « une personne dont les possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l’altération d’une ou de plusieurs fonctions : physique, sensorielle, mentale ou psychique ».
Reconnaissance du travailleur handicapé
Ainsi, une personne handicapée, afin de bénéficier du statut de « travailleur handicapé », devra se faire reconnaître officiellement par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées, plus connue sous le nom de CDAPH. N’ayant pas été reconnu comme tel, le travailleur se verra être traité comme n’importe quelle autre personne non handicapée, avec les mêmes devoirs et les mêmes avantages, ou au contraire sera considéré comme ne pouvant accéder à aucun poste de travail.
Le statut du travailleur handicapé
Des dispositions particulières
Le travailleur handicapé est le travailleur reconnu comme tel par la CDAPH. Une fois reconnu, il bénéficiera d’une orientation vers un établissement ou un service d’aide au travail, vers le marché du travail, ou encore vers un centre de rééducation professionnelle. D’autre part, le statut de travailleur handicapé permet également d’accéder au soutien du réseau de placement spécialisé Cap Emploi, et à l’obligation d’emploi.
Le travailleur handicapé pourra aussi bénéficier des aides de l’Agefiph et du FIPHFP. Prioritaires pour les aides à l’emploi et à la formation, les handicapés bénéficient de tous les atouts pour une insertion réussie dans le monde professionnel.
Des mesures incitatives
Pour inciter l’insertion des handicapés dans le monde du travail, l’Agefiph attribue aux entreprises des subventions pour chaque contrat de travail d’un travailleur handicapé. D’autre part, ce dernier reçoit tout aussi bien une subvention, de 1 525 euros par semestre pour les moins de 30 ans, et de 3 050 euros pour les plus de 30 ans. Ces contrats doivent avoir une durée minimale de 12 mois. D’autre part, une prime à l’insertion d’un montant de 800 euros a été établie.
De plus, afin d’encourager l’embauche des handicapés, la « loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » a été adoptée le 11 février 2005. Ces méthodes incitatives d’embauche, toujours en évolution, permettent une plus grande insertion des handicapés dans le monde du travail.
Toutefois, d’autres mesures sont considérées comme obligatoires, notamment l’obligation d’emploi. En effet, la loi stipule que tout employeur, disposant de 20 salariés ou plus, est tenu de compter au moins 6 % de personnes handicapées dans son effectif. Le cas échéant, il devra soit participer à une action annuelle ou pluriannuelle en faveur des handicapés, soit accueillir des stagiaires de la formation professionnelle des handicapés ou passer des contrats avec des entreprises adaptées ou des ESAT. S’il est dans l’impossibilité de satisfaire à ces dispositions, une participation financière auprès de l’Agefiph sera de mise.
Les secteurs d'activité pour les handicapés
Où travailler ? Travail ordinaire ou travail protégé ?
Sauf dispositions particulières, aucun emploi n’est refusé à une personne considérée apte à travailler, même si elle est handicapée. Ainsi, une personne handicapée peut-elle exercer soit dans le secteur privé, soit dans la fonction publique et peut même, si elle le désire, exercer à son propre compte. Dans ce dernier cas, une subvention lui sera accordée, notamment pour faciliter son installation.
Cependant, certains handicaps étant plus importants que d’autres (une catégorisation en trois niveaux existe : A pour les handicaps légers, C pour les handicaps lourds), la notion d’emploi « ordinaire » et d’emploi « protégé » est d’une grande importance. Ainsi, une personne handicapée doit-elle évoluer dans un milieu « compatible » avec son handicap, un milieu où il pourra s’épanouir en toute tranquillité et en toute sécurité.
