On pense également qu’ils serraient venus d’Asie il y a 40 000 ou 60 000 ans, lorsque l’abaissement du niveau des eaux a permis la « création » d’un passage presque permanent entre les deux continents. Cependant rien n’est fondé sur leur origine. Il est probable qu’ils seraient arrivés de différents endroits au cours des siècles. Ces habitants de l’Australie ancienne auraient pour origines celles des peuples d’Océanie comme la Papouasie Nouvelle Guinée ou encore des Philippines, de la Malaisie, de Bornéo ou des Aborigènes du sud de l’Inde ou même du Sri Lanka avec les peuples « Vedda ». Le terme aborigène, qui vient du Aboriginal, ne se réfère à aucune tribu particulière. On compte aujourd’hui deux cent cinquante petites tribus sédentaires ou nomades qu’on qualifie d’aborigène. Suivant leur origine sur le territoire australien, différentes appellations les caractérisaient. Ces peuples indigènes parlaient à l’époque près de cinq cents langues différentes, dont la plupart sont mortes aujourd'hui. La moitié de ces langues qui survivent actuellement ne sont parlées que par quelques milliers ou quelques centaines d'individus. Au XVIIe siècle, les aborigènes comptaient plus de 780 000 et probablement moins de 450 000 à l’heure actuelle ; ils représentent donc moins de 3% de la population australienne. Au moment de l’arrivée des premiers Européens en 1788, les Aborigènes avaient depuis longtemps occupé le continent en s’adaptant à son environnement très rude. La venue des Européens a représenté une véritable catastrophe pour ces Aborigènes. Les premiers contacts réguliers entre les arrivants et les autochtones datent de l’arrivée de Phillip Arthur en 1788. Ils se sont livrés à des grands conflits au cours des dix premières années ultérieures à l’arrivée des Colons blancs. Ces batailles se soldaient par l’extermination et le retrait des Aborigènes vers l’intérieur du continent à la recherche des terres pour leurs troupeaux de moutons. Beaucoup ont par ailleurs succombé à des maladies importées. Brutalement chassés, maltraités et parqués dans des réserves et privés du droit d’exister sur leurs terres d’origine, les Aborigènes se sont appauvris physiquement et spirituellement. Ils n’étaient plus que 60 000 en 1920. Ce n’est que dans les années cinquante que le traitement des aborigènes s’améliore progressivement. Jusque dans les années soixante, la population aborigène était essentiellement rurale. Au cours des deux décennies suivantes, ceux-ci ont commencé à émigrer en plus grand nombre vers les zones urbaines et se sont concentrés dans des communautés-ghettos. En 1991, la population d’Australiens d’origine aborigène avait quadruplé par rapport à 1920 et comptait 238 492 individus. Les plus grandes concentrations d’Australiens d’origine aborigène se trouvent aujourd’hui en Nouvelle-Galles du Sud, dans le Queensland, en Australie-Occidentale et dans le Territoire du Nord. A l’heure actuelle, la question des aborigènes, surtout leur droit à la propriété terrienne, soulève des débats politiques en Australie. Beaucoup des artistes, des musiciens, des athlètes comme Katty Freeman et des écrivains aborigènes revendiquent et mettent en valeur leur identité culturelle.
