En effet, de nos jours, vivre en autarcie est devenu impossible, ce qui nous amène à de fréquents échanges avec les autres nations, soit sur le plan diplomatique, ou commercial ou même militaire. La compréhension de la langue de l’autre revêt dans ce cas une importance cruciale, pour le bon déroulement des échanges, et pour évidemment éviter les malentendus, qui pourraient êtres sources de conflits. Dans ce contexte, le métier d’interprète trouve facilement sa place.
Force est de constater qu’on confond souvent « interprète » et « traducteur ». Certes, certaines similitudes prévalent, notamment le fait de transcrire une langue dans une autre. Toutefois, la différence réside dans le fait que l’interprète transcrit d’une manière orale, à la différence du traducteur, qui lui, le fait d’une manière écrite. Le métier d’interprète nécessite ainsi une parfaite maîtrise de la langue, accompagnée par une profonde connaissance de la culture, et une très grande dose de sang-froid. Le métier d’interprète n’est pas le plus facile des métiers, l’interprète devant être capable de lire au-delà des simples mots, et d’en deviner le sens caché, pour le transcrire ensuite à son client.
Différents modes d’interprétation existent, certains plus difficiles que les autres. Parlons en premier lieu de l’interprétation consécutive. Se déroulant en deux temps, l’intervenant parle, ensuite l’interprète reproduit tout le discours en se basant sur ses notes. Cette méthode prend beaucoup de temps et est à juste titre peu utilisée. Le deuxième cas de figure concerne l’interprétation simultanée qui est largement utilisée lors des conférences internationales et des colloques, etc., où l’interprète, installé dans une cabine, traduit au fur et à mesure le discours de l’intervenant. Interpellant une grande concentration de la part de ce dernier, et du fait de certains obstacles (accent de l’intervenant, bruit de fond, …), l’interprète travaille souvent en équipe dans ce genre de cas. Ils effectuent ainsi chacun un « tour d’interprétation ». Vient enfin le chuchotage au cours duquel, à l’exemple de l’interprétation simultanée, l’interprète traduit au fur et à mesure. La seule différence est que l’interprète « chuchote » à l’oreille de la personne concernée, donc n’a pas besoin de microphone.
Formation et débouchés
Pour devenir interprète, un cursus spécifique est offert par les Hautes Ecoles. Etude de niveau universitaire, il se décline en 5 ans, avec l’obtention d’un diplôme de « master en interprétation ». Le programme inclut une formation générale, recouvrant la philosophie, l’histoire … ainsi qu’une formation juridique comprenant le droit commercial, civil, public…. Une formation économique tournée vers l’international (économie politique…) est également dispensée et bien sûr une formation en langue. Il est à noter que les étudiants choisissent entre deux langues étrangères au moment de l’inscription.
A l’obtention du diplôme, l’interprète pourra officier au sein des organisations internationales, dans la fonction publique, mais aussi dans l’enseignement. Pouvant opter pour un emploi de salarié ou travailler en « free lance », l’interprète pourra choisir « l’interprétation de liaison », pour relever la barrière de la langue entre un groupe restreint de personnes, ou « l’interprétation sociale », où il joue également le rôle de médiateur. Toutefois, « l’interprétation de conférence » est « la reine de l’interprétation ». L’interprète y est une pièce maîtresse de l’engrenage.
