Chaque établissement a ses spécialités et chaque pensionnaire a ses propres besoins. Il devient alors indispensable d’identifier précisément ces besoins afin de se conformer aux exigences physiques et morales de l’individu à placer. En effet, un parent complètement indépendant peut habiter seul dans un logement puisque ses activités les plus fondamentales sont assurées par ses propres soins et il n’exige alors aucun suivi particulier. D’un point de vue très personnel, il ne faut en aucune façon négliger ses préférences ou ses habitudes afin de garantir que le lieu d’accueil offre véritablement les services et les prestations qui lui correspondent. Par ailleurs, l’attention que les professionnels lui porteront diffèrera de celle qu’un pensionnaire ayant des difficultés motrices exigera. De ce fait, des indicateurs pertinents sont à étudier afin d’apporter les informations utiles pour déterminer le niveau de dépendance. L’outil utilisé à cet effet demeure, depuis 1997, la grille AGGIR qui se définit par Autonomie Gérontologie Groupe Iso-Ressources. Une évaluation préalable permettra de mieux choisir sa maison de retraite.
La grille AGGIR consiste à départager les personnes âgées selon leurs capacités à effectuer les tâches quotidiennes les plus élémentaires. Ainsi, pourra-t-on estimer l’état de dépendance dans laquelle le parent se trouve. Une telle estimation permet ensuite de l’affecter à l’un des six Groupes Iso-Ressources ou GIR dont le calcul est le seul procédé actuel adapté à l’évaluation de la perte d’autonomie des personnes âgées. De plus, ces renseignements de référence constituent la base de détermination du montant de l’Allocation Personnalisée à l’Autonomie ou APA.
L’AGGIR et ses variables discriminantes
Afin de définir le GIR correspondant, la grille d’évaluation de la perte d’autonomie ou AGGIR considère dix variables dites discriminantes. La première est la cohérence qui concerne le comportement général du futur résident face à une situation donnée, survient ensuite son orientation puis sa toilette. Cette dernière opération différencie le haut du corps de celui du bas dans la notation. En outre, la grille évalue l’habillage qui revêt trois parties : le haut, le milieu et le bas. Par la suite, il faut examiner sa capacité à se nourrir à travers ses facultés physiques à se servir et à manger.
Par ailleurs, la sixième variable est l’élimination qui fait état de l’autocontrôle de ses organes d’excrétion et urinaire. Le point suivant touche les transferts qui consistent à noter ses aptitudes à se mouvoir d’une position à une autre : couchée, assise et debout. Aussi, le processus traite séparément les déplacements intérieurs et extérieurs. Si le premier type se concentre sur les moyens utilisés tels que la canne ou le fauteuil roulant, le second s’interroge sur la possibilité à se déplacer seul ou non. Ce dernier critère n’entre pas cependant dans le calcul du GIR au même titre que la dernière variable qu’est la communication à distance. Celle-ci marque les outils communément utilisés à cet effet.
Le système de notation relatif à ce questionnaire apprécie les capacités physiques et psychiques du futur résident. Ainsi, si une variable considérée exclut totalement sa contribution, vous notez C. Par contre, si la tâche s’effectue seul, entièrement, de manière régulière et correcte, alors vous marquez A. Autrement, au cas où la personne âgée sollicite l’intervention d’une tierce personne de temps à autre, inscrivez B. Le résultat obtenu constitue un bon indicateur sur l’autonomie étudiée bien que cette grille ne comporte pas toutes les questions pertinentes.
Les Groupes Iso-Ressources ou GIR
L’enquête effectuée permet alors de faire une classification qui vont du GIR 1 au GIR 6. Ils montrent respectivement un état de dépendance accrue et une autonomie complète. Concrètement, le GIR 1 définit un groupe de personnes âgées qui présentent un maximum de réponses C. Il est donc approprié aux gens fortement dépendantes d’une intervention extérieure pour toutes les besognes ordinaires. En outre, elles ont perdu leurs capacités mentales et corporelles en plus des fonctions motrices et se retrouvent ainsi cantonnées au lit.
Cette dernière caractéristique est également retenue pour le GIR 2. Mais la principale différence se situe dans l’aspect mental qui est partiellement recouvert par le concerné. Sinon, le GIR 2 admet également ceux qui gardent une habilité à se déplacer en intérieur mais avec une dégradation mentale. Quant au GIR 3, il rassemble ceux dont l’habillage et la toilette nécessitent un suivi régulier. Ayant maintenu toutes leurs facultés mentales, ils leur arrivent souvent de présenter quelques incontinences d’ordre hygiénique.
Pour le GIR 4, la seule dépendance peut se situer au niveau de la toilette et de l’habillage ou au contraire sur des détails en alimentation. Ce groupe ne relève plus d’une dépendance mentale ou locomotrice. Il s’oriente plutôt vers l’aide sociale et occasionnellement corporelle. En outre, le GIR 5 est formé par les pensionnaires pouvant généralement s’entretenir par eux-mêmes. Les points divergents avec le GIR 6 se trouvent dans la préparation corporelle, en alimentation ou pour le ménage tandis que ceux du GIR 5 fournissent davantage d’effort pour les réaliser.
Les variables illustratives
En complément des dix variables discriminantes qui constituent le questionnaire de l’AGGIR, celui-ci considère sept variables dites illustratives qui ne modifient pas l’attribution au GIR. Elles évaluent la dépendance domestique et sociale en tenant compte, premièrement, de la gestion personnelle de tous ses avoirs dont le budget. Par ailleurs, l’étude considère l’autonomie dans les domaines culinaire et ménager qui relèvent entièrement de l’entretien du foyer.
En outre, la méthode évalue l’individu par le mode de transport qu’il utilise quotidiennement pour effectuer ses déplacements à l’extérieur. De même, elle s’interroge sur le mode d’achat des biens et services de tous les jours. Dans le domaine de la santé, l’évaluation porte également sur le suivi des prescriptions médicales et enfin sur l’utilisation du temps libre en terme de socialisation. Il peut s’agir des vacances, des activités de groupe ou de l’intégration et de l’implication au sein des communautés à vocation sociale.
