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Bois de chauffage

Chacun sait que si l’achat à bas prix permet d’accéder plus vite à un bien de consommation, il condamne à acheter plus souvent, compromet la satisfaction, et coûte finalement fort cher.
Cet adage s’applique tout particulièrement à l’approvisionnement des particuliers en bois de chauffage. En effet, s’il est facile de couper des arbres en morceaux, produire un bois de chauffage aux caractéristiques énergétiques pertinentes est plus complexe.
La gamme des prix proposés sur le marché témoigne de la diversité des efforts consentis par les producteurs.
La première question posée par les particuliers aux fournisseurs de bois de chauffage porte sur le prix du stère, puis sur le délais de livraison. Beaucoup de commandes se concluent ainsi, avec le sentiment d’avoir « déniché » un prix et un délais, chez un bougnat d’un autre siècle.
Dans d’autres énergies, comme le fuel domestique notamment, la recherche du meilleur prix se justifie, car chacun sait que le fluide passe par le même pipe line, provient du même puit, et est souvent distribué par la même société sous différents noms.
Pour le bois de chauffage, c’est très différent.
A titre d’illustration, il serait absurde de comparer, sur le seul critère du prix et du délais, des éclaires au chocolat vendus en hypermarché par barquettes de dix, et ceux concoctés par le Meilleur Ouvrier de France.
En matière de rendement énergétique, tout compte dans le bois de chauffage, depuis le terrain sur lequel l’arbre a grandi, jusqu’à la manière dont les bûches sont livrées.
Même dans la sélection des essences de bois, le choix du chêne ne fait pas tout : les parties hautes de l’arbre, plus jeunes et donc plus tendres, sont moins énergétiques que le tronc. Mais le tronc nécessite une autre intervention qu’un simple élagage d’automne.
De même, si le bois est abattu « pleine sève », de Mars à Novembre, il a peu de chance de sécher par la suite. Un bon bûcheronnage se fait donc « hors sève », et en plein hiver, mais au pire moment pour un marchand de bois, qui préfèrera livrer ses clients à cette période, et sera tenté de bûcheronner durant ses périodes commerciales creuses, récoltant ainsi un bois qui sera moins énergétique à la combustion.
Le choix du bois de chauffage est donc délicat, et si un prix élevé n’est pas systématiquement une garantie de qualité, un prix « bon marché » est forcément une garantie de gaspillage et de disconvenues.